Sunday, 05 September 2010
Ushuaia et Perito Moreno E-mail Imprimer
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MauvaisBon 
Monday, 03 May 2010

Argentine : Depuis la carretera australe chilienne à Ushuaia et au Perito Moreno

Voilà près de deux semaines que je ne me suis pas mis devant le clavier et pour cause, qui avait-il à dire, tout du moins dans les premiers jours. Nous avons quitté la carretera chilienne et  sommes entrés dans la plaine de Patagonie, vaste plaine, morne plaine. Tient ça me rappelle quelque-chose ! A peine quelques ondulations du terrain et la piste qui ne défile pas, mauvaise, Argentine. Les moutons nous regardent passer et les oies sauvages qui occupent l'espace par milliers nous ignorent. Elles avancent par couples à la recherche de leur pitance journalière. Un renard traverse la route et un blaireau prend le soleil. Voila résumés nos premiers jours. Nous traversons maintenant la plaine et roulons vers l'atlantique dans l'immense champ pétrolier de l'état de Santa Cruz. Une ville industrielle a vu le jour dans ce paysage sordide  de pompes en continuelle oscillation : Las Herras, lugubre.

       

Nous roulons rapidement plein sud. Les localités et pueblos défilent jusqu'à Rio Gallegos, dernière ville du pays avant notre retour provisoire au Chili. Depuis quelques centaines de kilomètres, les Guanacos, genre d'alpagas légèrement plus petits et les Nandous, autruches américaines plus petites également que leurs cousines africaines ont fait leur apparition par dizaines. Tout comme les kangourous australiens, les guanacos peu farouches paient un lourd tribut à la route.

 

Passage rapide de la frontière  et nous roulons à nouveau au Chili, pas pour longtemps. Un bac rapide nous fait traverser le détroit  de Magellan et nous voilà en terre de feu, notre étape la plus australe du voyage. Le paysage n'évolue guère et n'incite pas à flâner. A nouveau la frontière et toujours la même herbe rase avec les  mêmes moutons dans cette immense prairie rocailleuse. Il faut attendre les cent derniers kilomètres de notre parcours pour que le spectacle commence. J'ouvre une parenthèse à ce sujet : Pendant notre descente américaine, nous avons rencontré pas mal de touristes qui nous parlaient d'Ushuaia d'un air désabusé : « Pas terrible ; histoire de dire qu'on y est allé ; 600 km de piste pourrie etc... » J'ai failli renoncer et j'aurai commis une grave erreur.

      

Si je peux me permettre d'ajouter  un conseil à la bible du voyageur ce serait le suivant : « Si, sur les dires et conseils des voyageurs de rencontre, on peut ajouter un site à son itinéraire, sur ces mêmes dires et conseils, ne jamais annuler un site de son voyage ».

Passée la petite localité de Tolhuin, la plaine s'estompe rapidement et la forêt fait son apparition. Une forêt basse et drue que l'automne a colorée de rouges et de jaunes, de rouille et des dernières touches de vert. Les étangs et les lacs se succèdent  reliés entre eux par de petits ruisseaux aux eaux vives et glacées. En arrière plan, les monts acérés de la cordillère sont en parties recouverts de neige. Spectacle magique ! Les plus beaux paysages Argentins sans aucun doute. Cerise sur le gâteau, c'est sous un soleil radieux mais frais que nous arrivons à Ushuaia. S'il est vrai que la ville ne brille pas par son architecture, elle ne manque cependant pas de charme. Construite en croissant de lune sur le canal de Beagle, les maisons partent timidement à l'assaut des flancs des montagnes  enneigées qui la surplombent. Quelques pistes de ski encore au repos fendent la forêt pour venir mourir au pied des dernières maisons de la ville. Dans le port, deux ou trois bateaux vident leurs cales tandis qu'une petite escouade de voiliers français fait relâche le long du ponton.

      

      

Le temps de régler l'intendance et nous nous enfonçons dans le parc de la terre de feu, le terme de la route nationale numéro 3. Plus loin, c'est le pacifique et les 50ème rugissants. Dans l'eau froide, les lions de mer chahutent. Nous immortalisons l'instant. Nous passons deux jours en symbiose avec la nature au milieu des lapins. A la veillée devant le feu de camp,  un renard vient nous rendre visite et s'installe à deux mètres de nous, guettant le moment où nous lui jetterons  un os à rogner. Superbe ! Quelques belles truites et un saumon atlantique viennent compléter l'ordinaire et le soleil qui continue de nous accompagner. Quoi demander de plus ? Pendant que l'on pêche, Masya tient conférence au milieu d'un groupe de sympathiques français en voyage organisé entre Argentine et Chili.

      

      

Il est temps maintenant d'attaquer la remontée d'autant plus que dans la nuit les premières neiges sont tombées sur les hauteurs, signal avant coureur de l'hiver qui s'installe dans la région. Nous passons le dernier col alors que les flocons commencent à tomber. Demain nous serons à Punta Arénas.

      

 

Le parc des glaciers

Nous venons de quitter la terrible piste chilienne et retrouvons avec « plaisir » la plate et ennuyeuse Patagonie Argentine et sa belle route qui nous amène rapidement à El Calafate. En chemin, nous effectuons un petit arrêt ravitaillement à Esperanza. Le pompiste m'informe que l'eau n'est pas potable et doit juste servir à la douche et pour cause, après un moment, une terrible odeur d'égout remonte du réservoir que je dois vidanger illico presto.

El Calafate est avant tout une ville touristique qui vit sur le dos du Perito Moreno voisin. Nous y passons une journée à traiter l'intendance : Linge à faire laver, remplir le frigo etc... Pendant ce temps les enfants travaillent ou font semblant et les adultes refont le voyage en palabres et peaufinent  l'itinéraire à venir.

On nous avait dit qu'il était possible de feinter l'entrée du parc des glaciers en passant après 20 heures. Encore une fausse vérité comme on en entend partout lorsqu'on croise des voyageurs. Etait ce vrai il y a quelques temps de là, je ne sais pas. Le fait est que nous nous trouvons face à une entrée barrée et gardée par un vigile qui nous demande de nous garer et d'attendre le lendemain. A 8 heures nous pouvons entrer avoir acquitté les 75 pesos par personne du droit d'entrée.

      

Nous avons vu beaucoup de glaciers jusqu'à ce jour, les Fox ou Frantz Joseph en Nouvelle Zélande, les glaciers d'Alaska ou de Colombie Britannique, mais rien qui ressemble au Perito Moreno.

      

Alors que presque tous les glaciers fondent comme neige au soleil, le Perito continue à grandir d'année en année. Nous nous installons et contemplons sa gigantesque face abrupte de soixante mètres de hauteur et de cinq kilomètres de large qui avance imperceptiblement, millimètres par millimètres, inexorablement. Il  vient buter sur la roche remontante du fond du lac Argentino et, sans issue il craque sous la formidable poussée des millions de tonnes de glace qui dévalent des trois vallées en arrière plan. Comme un gigantesque troupeau de moutons qui buteraient face à un précipice et que les suivants, ignorant du danger pousseraient dans le vide, les pans de glace se détachent et chutent dans le lac. Coups de fusil, rafale de mitraillette, coups de canons des blocs  de glace qui frappe la surface gelée du lac ou gigantesques ploufs des pans qui s'affaissent, nous l'écoutons gémir et hurler, nous guettons les failles, pronostiquons la prochaine chute et tout à coup, le regard porte sur une fissure qui grandit à vue d'œil, les appareils photos et les caméras se braquent prêtes à immortaliser l'instant de délivrance. Superbe, grandiose !

      

Face à nous, un pan entier s'effondre. Des centaines de tonnes s'enfoncent dans l'eau. Mathieu mitraille et je filme la scène, nous sommes chanceux. Nous restons un jour devant cette beauté d'un bleu si parfait, si pur. Le Perito Moreno fera partie sans aucun doute du hit parade des plus beaux paysages de notre voyage.

      

Ce soir nous faisons une petite fête dans le camping car. Dehors la pluie commence à tomber. Les tous petits dans le véhicule de Jérôme et  les grands dans celui de Ludo regardent des films tandis que les parents boivent le champagne dans le notre. Demain nos routes vont se séparer.

       

Ludo et Jérôme partiront vers le Fitz Roy plus au nord avant de redescendre vers Puerto Natales pour s'embarquer pour une croisière de quatre jours dans les canaux Chiliens jusqu'à Puerto Montt, pari osé, car l'hiver s'installe rapidement dans la région ; quant à nous, nous prenons la direction du sud avant de remonter rapidement par la route atlantique vers la péninsule de Valdés et plus au nord vers les chutes d'Iguaçu, mais ça, c'est une autre histoire.

    

 

Dernière mise à jour ( Monday, 03 May 2010 )
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