Sunday, 05 September 2010
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MauvaisBon 
Saturday, 27 February 2010

Pérou : Du 12 février au 22 février 2010

Macara est un poste frontière tranquille comme je les aime. Formalités rapides des deux côtés avec un bémol pour le douanier Péruvien qui ne sait pas se servir de son ordinateur. Nous lui faisons les copier coller nécessaires à l'établissement de notre document et nous pouvons partir sur les routes du pays.

Une pluie fine nous a rattrapés tandis que nous roulons vers Sullana où nous voulons passer la nuit. Les rizières et les champs de manguiers occupent l'espace.

La mangue produite en trop grande quantité est excédentaire et les invendus sont versés sur le bord de la route où ils pourrissent en tas énormes.

A première vue nous roulons dans le pays le plus misérable parcouru à ce jour. Nous traversons des petits villages et bourgs aux maisons de plastiques de récupération, de paille et quelquefois de terre et de bois. Dans les banlieues  des villes s'entassent une population d'une extrême pauvreté vivant dans des cabanes de paille.

       

Sullana, une odeur de pourriture nous prend à la gorge. Les ordures par dizaines de mètres cubes sont répandues au sol et envahissent les rues. Un ruisseau égout traverse la route et les conducteurs de rickshaws en profitent  pour  laver leurs engins, l'eau à la taille. Comment peut-on être aussi sale ? A l'heure où j'écris ces lignes, nous avons parcouru plus de mille kilomètres sur la côte pacifique et ce spectacle se répète sans cesse. Le Pérou entrera sans nul doute au hit parade des pays poubelle. Nous poursuivons notre route jusqu'à Piura, première grande ville sur la côte pacifique où nous passons la nuit avant d'entreprendre la descente  vers Nazca d'où nous pénétrerons dans la montagne en direction du Machu Picchu.

      

Progressivement la végétation disparaît pour laisser place à un désert de sable que le vent du large balaie vers les montagnes proches. Le paysage défile rapidement, immuable et sans grand intérêt.

       

Lambayeque, au nord de Chiclayo, nous faisons une halte pour visiter le surprenant et magnifique musée « Tumbas reales » de Sipan. A l'intérieur est exposé la totalité des découvertes faites sur le site voisin de Sipan. . La fouille de la tombe du Seigneur de Sipán en 1987, inhumé en compagnie de deux femmes et de deux hommes, offre un aperçu de la richesse des pratiques sacrificielles : le souverain est couvert de cotonnades précieuses, d'éventails, de pectoraux et de parures en or, en argent et en cuivre. Le seigneur de Sipan appartenait à la culture Mochica qui date des premiers siècles de l'ère chrétienne, implantée sur la côte septentrionale du Pérou. Son nom dérive de la vallée du fleuve Moche, laquelle est considérée comme un de ses hauts lieux. En matière d'architecture, les Mochicas ont édifié des constructions monumentales d'une grande complexité, comme en témoignent, dans la vallée de Moche, les Huacas del Sol y la Luna (Pyramides du Soleil et de la Lune), immenses plates-formes de type pyramidal construites en adobe. L'art qu'ils ont développé en matière de poterie et de céramique constitue une source de renseignements assez précise, tant par la décoration picturale que sculpturale, sur la vie et les croyances de ces Indiens. Les décors s'inspirent de personnages, temples, habitations, scènes de la vie quotidienne, rituelle, ou mythologique

        

A Trujillo, nous avons la bonne surprise de retrouver Nicolas et Nadia. Nous les avions quittés à la sortie de Cartagena. Récits de nos parcours et petit resto où nous goûtons au Ceviché, plat de poisson cru typique du pays. Sans égaler l'excellent  poisson cru tahitien cela reste cependant un bon plat que l'on apprécie après la monotonie des repas du nord du continent sud américain.

Trujillo, nous déambulons dans les rues du centre ville qui ne nous retiennent pas longtemps. Après Cuenca ou Cartagena, la ville nous semble bien fade. Sa place centrale historique reste cependant un endroit agréable.

       

Après une petite halte sur le site archéologique de Chan Chan, la plus grande cité en terre séchée du continent américain, nous reprenons la route du sud. Le paysage désertique défile sans grand intérêt. Profitant de cours d'eau venus de la cordillère voisine, les péruviens cultivent asperges, cannes à sucre ou piments dans de  petites oasis vite traversées.

       

Lima, nous ne faisons que passer dans la capitale qui s'annonce longtemps à l'avance par son nuage de pollution qui stagne au dessus de la ville, coincé entre montagne et mer.

       

Peu avant la tombée de la nuit, nous arrivons à la laguna Huacachina. Le lieu est étonnant. Dans une cuvette entourée de hautes dunes de sable blanc qui s'étendent sur plusieurs centaines de kilomètres carrés, un étang  aux eaux vertes bordées d'arbres et de palmiers donne vie au lieu : Une oasis. De là, nous partons pour une virée en buggy dans les dunes. La balade, tranquille au début tourne rapidement au tour de manège effrayant. A des vitesses hallucinantes, le buggy,  animé par un gros V8 enchaine les dunes dans des angles qui font rapidement hurler de frayeur les passagers. Ouf, nous faisons une pose glisse. Sur des planches de surf, nous dévalons les pentes abruptes, assis, couchés ou debout pour les plus courageux. Ces descentes nous gratifient de quelques belles chutes photogéniques. Après un retour époustouflant, genre final de feu d'artifices, nous apprécions la douche fraiche qui nous débarrasse du sable qui colle à la peau. Voila dix dollars que nous ne regretterons pas.

        

Nous arrivons au terme de notre descente sur la côte pacifique : Nazca. De là, nous allons prendre un cap plein Est qui nous fera traverser la cordillère des Andes en direction de Cusco, mais avant, nous voulons explorer cette curiosité dont l'origine demeure à ce jour inconnue : les lignes de Nazca.  Notre premier arrêt à un mirador nous permet de voir distinctement deux mains, un arbre et un reptile coupé en deux par la panaméricaine. Je reste un peu déçu et décide de ne pas faire le tour d'avion qui me permettrai de les admirer toutes. Je dois maintenant reconnaître que j'ai fait une erreur. Masya et Mathieu l'ont fait et en sont revenus enchantés. 

Découvertes en 1927 par un aviateur péruvien, les lignes de Nazca représentent des oiseaux stylisés, des lézards, des fleurs et des créatures fantastiques, auxquels se mêlent des motifs géométriques pouvant atteindre plusieurs kilomètres de long.

Si l'origine et la fonction de ces dessins demeurent un mystère, on sait qu'ils ont été tracés il y a plus de mille ans par une culture antérieure à celle des Incas. Plusieurs hypothèses ont été avancées pour les expliquer mais aucune ne s'est montrée tout à fait satisfaisante. Ainsi, on a suggéré que ces lignes auraient été consacrées à des observations astronomiques, comme on l'a aussi supposé du monument mégalithique de Stonehenge, en Angleterre. Aucune corrélation cohérente n'a pu être établie entre la géométrie de ces lignes et la position du Soleil ou des étoiles. Pour d'autres spécialistes, les lignes auraient joué un rôle cultuel symbolisant un lien spirituel avec des divinités de l'eau ou, parmi d'autres fonctions, celle de marquer le réseau des sources souterraines de cette région particulièrement aride.

           

Après plus d'un millier de kilomètres tranquilles sur le bord de mer, il  est temps maintenant d'attaquer les choses sérieuses, cap à l'Est.

 

Dernière mise à jour ( Saturday, 10 April 2010 )
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