Etats-Unis : De la Louisiane à la Floride : 3500 kilomètres
La Louisiane s'annonce dans les derniers kilomètres parcourus au Texas. Les maisons basses de bois blanc sont de plus en plus fréquentes, les peaux se colorent. Nous roulons maintenant en Louisiane entre deux rideaux de forêt dense de résineux et de feuillus. Les premiers bayous, signe d'un sous sol gorgé d'eau apparaissent. Le bord de la route 80 est bordé de jolies maisons basses à colonnades. Les pelouses impeccables témoignent d'un samedi passé, assis sur la tondeuse. Tout est nickel. La devise des états unis pourrait être : « Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place ». Le seul hic dans ce tableau idyllique vient des routes qui sont souvent pour ne pas dire généralement catastrophiques sur les presque cinq mille kilomètres parcourus. On avance comme sur le dos d'un cheval au trot. Les cd n'y résistent pas. En fait nous roulons sur les plus mauvaises routes depuis que nous avons quitté l'Inde.
Quand on voyage, on aimerait aller au nord, au sud enfin partout où il pourrait y avoir quelque chose à voir mais il faut faire des choix. Les visas tout comme le voyage ne sont pas éternels. Nous décidons de traverser rapidement l'état pour y revenir ultérieurement. Direction le Mississipi voisin et la localité de Vicksburg sur le fleuve du même nom. C'est là qu'en 1863 se déroula une terrible bataille qui sonna le glas des espoirs des troupes confédérées des états du Sud. Menée par le général Ulysse Grant, les troupes yankees repoussées lors de leur attaque fluviale contournèrent par le sud, firent sauter le verrou de Port Gibson et remontèrent par l'Est.
Le siège de la place forte dura près de quatre mois et le 4 juillet 1863, lorsque la reddition fut signée, près de 20 000 hommes étaient tombés. Cette bataille porta un coup décisif à la guerre civile qui ravageait la jeune Amérique, isolant les états confédérés du Texas et de l'Arkansas, à l'Ouest du Mississipi. Une des guerres civiles les plus meurtrières qu'ait connues notre planète, pour que cesse l'esclavage. La visite du parc au centre de la ville est agréable et montre l'emplacement des forces en présence lors du siège. D'un coté les forces de l'union et de l'autre les troupes confédérées avec au milieu le cimetière où sont alignées près de vingt mille pierre blanches. Un mémorial de marbre blanc couronne l'ensemble.
Nous aimerions rester un peu plus, mais une fuite à la pompe à eau nous oblige à une balade imprévue vers Jackson la capitale d'état du Mississipi. Depuis que nous avons quitté l'Arizona, les campings cars ont pratiquement disparu du paysage et les garages s'espacent. Nous roulons dans les faubourgs de la ville. Une maison ou commerce sur deux est à l'abandon. Les défenses imposantes aux fenêtres et portes de ceux qui restent nous informent qu'il ne ferait pas bon passer la nuit dans ces quartiers. Nous trouvons rapidement une pompe de remplacement que j'installe rapidement et nous reprenons notre route vers le sud et la Louisiane.
La piste Natchez que nous empruntons est en fait une des premières voies de communication du pays. A l'origine simple trace faite par les chasseurs indiens Natchez, Choctaws et chickasauws qui s'étend sur près de sept cents kilomètres à travers les trois états du Mississipi, Alabama et Tennessee. Elle a vu son trafic augmenter avec l'arrivée des espagnols et des français qui arrivèrent sur le continent au XVIIème siècle et partirent à la découverte du pays. La trace Natchez relie la localité de Natchez à Nashville et au fleuve Ohio. Elle devint une voie importante vers le milieu du XVIIIème siècle et des auberges rustiques firent leur apparition sur le parcours. Son déclin s'amorça avec l'arrivée des premiers bateaux à vapeur qui remontaient le Mississipi et les grands fleuves, rendant le voyage plus sûr car beaucoup de bandits et de bandes d'indiens belliqueux sévissaient dans les parages, sans compter les accidents et la maladie qui guettaient pendant les semaines de marche.
Aujourd'hui la trace Natchez est parallèle à la piste originale. C'est une route ombragée agréable, très bien entretenue et interdite à la circulation commerciale. Jalonnée de repaires historiques et de parcs accueillants elle constitue une balade plaisante.
A Natchez, il ne reste plus grand-chose du grand village indien. Quelques élévations de terrains où les chefs faisaient bâtir leurs maisons et temples et une maison indienne reconstituée. Un petit musée vient compléter l'ensemble.
Nous ne tardons pas à changer d'état et Baton Rouge est proche. De mes souvenirs de lecture j'avais gardé l'image d'une petite ville implantée à la fourche de deux rivières non loin d'un arbre rouge qui servait de repaire à l'époque et qui lui avait donné le nom. Depuis bien de l'eau a coulé dans ces rivières et Baton Rouge a grandi. Elle est devenue une grande ville, la capitale de l'état de Louisiane, cernée par des dizaines d'usines pétrochimiques qui crachent dans le ciel leurs épaisses fumées. Pas grand-chose à y voir. Nous nous attardons cependant à la visite de l'ancien palais des gouverneurs très instructive où est retracée l'histoire du pays. La belle maison des gouverneurs de type colonial un peu plus loin, ne manque pas de charme et le musée d'état de la Louisiane complète notre visite. On y retrouve l'histoire de la Louisiane au travers d'objets utilitaires ou festifs.
A mesure que nous avançons vers le sud, le marais se fait de plus en plus profond et de plus en plus vaste et les routes sont construites bien souvent sur pilotis. Une pause à Lafayette nous permet de faire un saut dans le passé. Lafayette est devenue le centre du pays Cajun. Cajun n'est autre que la déformation, au fil du temps, du mot acadien. C'est ici et dans toute la Louisiane qu'a été déporté un grand nombre des acadiens lors du grand dérangement opéré par les anglais au milieu du XVIIIème siècle par crainte de les voir s'allier aux français dans la nouvelle guerre qui se profilait à l'horizon entre nos deux pays. Dans le petit village que nous visitons, les maisons sont restées telles qu'elles ont été construites à l'origine. Seuls les bardeaux des toitures ont été remplacés par de la tôle ondulée plus facile à mettre en place. De pièce en pièce, de maison en maison on découvre la vie de ces malheureux, dont beaucoup ont vu leurs familles dispersées ou anéanties. C'est pour nous aussi l'occasion de goûter à la cuisine Cajun et de déguster un grand plateau d'écrevisses, de crabes et de poisson accompagné de pommes de terre bouillies.
Avery Island appartient à la famille Mc Ilhenny. Nous y visitons l'usine Tabasco. En fait la seule au monde. Nous y apprenons que, partie d'un simple essai dans la petite cuisine familiale il y a près de deux siècles, l'affaire est rapidement devenue prospère. Avant d'être traités, les piments sont placés en fermentation pendant trois ans dans des fûts à whisky en chêne et recouverts d'une épaisse couche de sel provenant d'une mine découverte sur l'ile. Comme un malheur n'arrive jamais seul c'est bien connu, la famille Mc Ilhenny découvrit il y a peu un gisement de pétrole sur leur île.
Nous arrivons enfin à la Nouvelle Orléans. C'est aujourd'hui un port fluvial actif. C'est un Français, Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville, qui fonda, en 1718, La Nouvelle-Orléans, baptisée en l'honneur du régent, le duc d'Orléans. Capitale de la Louisiane, colonie de la Couronne de France, la ville fut cédée à l'Espagne en 1762, avec la Louisiane occidentale, et repassa sous administration française en 1800. Vendue par Napoléon Ier aux États-Unis trois ans plus tard pour la somme de vingt millions de dollars, la Louisiane devint le 18e État de l'Union en 1812 avec La Nouvelle-Orléans pour capitale. Le trafic des bateaux à vapeur sur le Mississippi permit à celle-ci de se hisser parmi les grands ports américains. En 1852, La Nouvelle-Orléans était la troisième ville des Etats-Unis.
Les festivités organisées pour le Mardi gras, les festivals musicaux et le charme du « Vieux Carré », quartier ancien aux rues étroites et aux maisons créoles, ont beaucoup fait pour la réputation de la ville, l'une des plus touristiques des États-Unis. C'est là que naquit, au début du siècle, la fameuse musique syncopée où dominent trois instruments (clarinette, trombone et cornet) qui devait marquer une étape décisive dans le développement et l'évolution du jazz. Nous déambulons dans les petites rues du quartier français aux jolis noms bien de chez nous : St Charles, Bourbon, Bienville, de Chartres... Aux balcons pavoisent drapeaux français, américains ou espagnols. Des flots de musique de jazz s'échappent des arrières bars. Une foule importante de touristes se presse au « French Market ». A part le nom des rues, de French il ne reste pas grand-chose, il faut bien le reconnaitre. Même le français des acadiens s'est perdu au fil des ans.
Nous voulons visiter le cimetière St Louis à l'écart du quartier français où reposent d'illustres compatriotes. Il est fermé. Nous apprenons que la visite en dehors des groupes est dangereuse. De nombreuses attaques de touristes y ont eu lieu. La Nouvelle Orléans n'est pas une ville très sûre à l'exception du quartier touristique hyper sécurisé et, dès la tombée de la nuit, les honnêtes gens s'enferment. Nous quittons la ville vers l'Est par l'US 90. Nous traversons des quartiers ravagés par le cyclone Katrina. Beaucoup de maisons sont effondrées, d'autres semblent à l'abandon et pourtant une vie intense y règne : la vie des malheureux et des laissés pour compte. C'est en grande partie de là que vient l'insécurité de la ville, de gens qui ont tout perdu en quelques heures. Les traces du passage du cyclone sont visibles jusqu'à l'entrée de Mobile, cent cinquante kilomètres plus loin. Les plus riches ont déjà reconstruit leurs belles maisons sur pilotis. D'importants travaux de voirie sont en cours pour réparer et renforcer le bord de mer.
Il ne faut que quelques heures pour traverser le sud côtier de l'Alabama. De jolies maisons de bois bordent les plages de sable blanc et nous croisons quelques villages Vénitiens.
La Floride, L'état où le soleil brille, annonce rapidement la couleur. Parcs de loisirs aquatiques, golfs, hôtels et grands immeubles masquent la plage sur les premières dizaines de kilomètres et puis, plus rien. Pendant plus de quatre cents kilomètres nous roulons plein sud dans une immense forêt de pins maritimes. Quelques trouées sur le bord de mer abritent de paisibles villages, loin des touristes. Beaucoup de militaires habitent la région et travaillent dans les bases aériennes et maritimes très étendues.
Arrivés à Tampa sur la côte Ouest de la Floride, nous rentrons dans une agglomération tentaculaire. Au fil des années, les petites villes se sont soudées et pendant plus de deux cents kilomètres, nous avançons à sauts de puce de feux rouges en feux rouges et au bout d'un moment nous ne savons plus vraiment où nous nous trouvons. Bien sur, nous pourrions rapidement retrouver l'autoroute du sud avec ses hordes de camions et foncer, mais nous ne sommes pas pressés et préférons la côte. C'est cependant avec soulagement que nous arrivons à l'escale du soir à l'entrée des Everglades.
Comment fait-on pour s'apercevoir que nous venons de rentrer dans le plus grand marais d'Amérique, deux détails qui ne trompent pas : Tout d'abord les dizaines de moustiques qui envahissent le camping-car le temps de fermer les fenêtres et qui vous infligent de cuisantes piqures. Second détail, à peine bougez vous le petit doigt que vous vous retrouvez en nage, dégoulinant de la tête aux pieds. Le taux d'humidité est excessivement élevé et sans le violent orage qui s'abattit sur le parc, amenant un peu d'air, nous n'aurions pas pu dormir.
Nous empruntons la route 41, la première voie tracée dans cet immense marais pour relier le sud de l'état d'est en ouest. A notre premier arrêt nous guettons pour apercevoir les alligators. Après une heure d'attente pendant laquelle nous les entendons grogner, notre patience est récompensée. Un premier animal de trois mètres arrive tranquillement, ondulant sa queue dans l'eau d'une limpidité parfaite et s'immobilise à deux mètres de nous. Je suis avec Mathieu sur le pont qui enjambe ce bras de marais et le rail de sécurité nous sépare du saurien qui nous observe. Mathieu part chercher Masya qui s'est réfugiée dans le camping car pour échapper aux rayons de soleil et l'alligator le suit. Il avait fait son choix. Brrr, ça fait froid dans le dos. Un peu plus tard, trois autres arrivent, deux se battent sur la rive. Nous sommes surpris par la vitesse à laquelle ils se déplacent sur la terre ferme et il ne ferait pas bon s'aventurer dans le marais.
Nous voulons poursuivre la visite du marais depuis le sommet de la tour d'observation. Pas de chance le parc est déjà fermé. Il n'est que quinze heures trente et il nous est impossible de nous y rendre, l'accès en étant interdit aux véhicules privés. Les vélos de location et les navettes sont rangés en attendant le lendemain.
Comment quitter les Everglades sans faire un tour d'aéroglisseur. C'et ce que nous faisons un peu plus loin. Nous jumelons la balade avec un show alligator. La démonstration tient plus du registre comique que du scientifique mais nous divertit agréablement en attendant l'heure de la balade. Après une période tranquille réservée à l'observation de la faune du marais, sauriens et oiseaux, le pilote nous fait une démonstration de vitesse qui enchaine dérapages, virages serrés et têtes à queues qui décoiffent. La balade se termine par une explication de la vie du marais.
Il ne nous reste que quelques dizaines de kilomètres pour arriver à Miami.
Key Largo est le point le plus au sud de notre trajet aux usa. Il est temps maintenant de pendre un cap au Nord Est vers le Canada et le Québec.
Les plages de Miami ne sont pas si belles que nous l'aurions pensé. Il faut attendre la localité de Fort Lauderdale pour longer de belles plages de sable blanc prises d'assaut par des centaines de baigneurs qui profitent de leur weekend. Nous roulons sur l'étroite bande de terre qui longe le continent américain, coincée entre l'atlantique et un canal naturel qui longe pratiquement tout l'Est de la Floride. De belles et luxueuses villas bordent le canal et un bateau est généralement suspendu à un ponton privé devant chacune d'elle.
Plus au nord, nous longeons la célèbre plage de Palm Beach. Les villas ont laissé la place à des « palais et châteaux » que nous apercevons au fond de parcs arborés. Les allées sont fermées par de lourds portails, la police patrouille, nous sommes dans le très chic.
Nous ne pouvons pas quitter la Floride sans faire un tour à Cap Kennedy, le centre spatial américain. Nous allons y passer deux demi-journées. Les images que nous y voyons, nous les avons vu des dizaines de fois sur toutes les chaines de télé. Ici, la 3D y ajoute un peu plus de réalité auquel s'ajoute un son suround amplifié. Pour un peu on se croirait au Futuroscope. Depuis peu une nouvelle attraction rencontre un franc succès. Un simulateur de décollage. Sanglés et renversés dans des sièges ergonomiques, nous sommes brassés comme dans un shaker pendant une dizaine de minutes et quand le ciel s'ouvre, nous survolons l'Italie à plus de vingt cinq mille kilomètres par heure. Rapide comme moyen de transport... et pas coûteux : trois mètres cubes de carburant par seconde !
Le plus intéressant de la visite, c'est sans conteste l'observation des fusées exposées. Nous pouvons les voir de l'intérieur et de l'extérieur, les toucher, voir leurs postes de pilotage, où et comment vivent les spationautes.
La Nasa, c'est aussi un commerce qui rapporte gros. Comme toute chose américaine le côté business n'est jamais bien loin et la sortie de chaque salle passe inévitablement par la boutique souvenirs.
Ici aussi, comme nous l'avions fait sur la côte Ouest de la Floride, nous roulons pendant plus de deux cents kilomètres sans quitter vraiment la ville et il faut attendre pratiquement Daytona pour retrouver la campagne et les forets de pins maritimes, Nous sommes pratiquement en Géorgie.
Dernière mise à jour ( Monday, 28 July 2008 )
Arizona au Texas
Ecrit par FADM
Saturday, 21 June 2008
USA : De Las Vegas au Texas : 2500 kilomètres
Nous quittons Las Vegas pour le grand Canyon. La route s'élève rapidement et serpente entre les collines. Les premières eaux du Colorado font leur apparition à quelques kilomètres du barrage Hoover, la plus grande retenue d'eau des états unis. Situé sur la frontière entre les États du Nevada et de l'Arizona, ce barrage imposant de deux cent vingt et un mètres de hauteur et trois cent soixante dix neuf mètres de long forme l'une des plus grandes retenues d'eau artificielles au monde : le lac Mead. Les générateurs hydroélectriques du barrage qui fournissent environ 1,5 million de kilowatts, alimentent en électricité une partie du Sud-ouest américain.
A Kingman, nous empruntons la mythique route 66 ou du moins ce qu'il en reste, un tronçon de cent cinquante kilomètres. Construite à l'origine pour relier les grands lacs à la côte pacifique, elle a été remplacée pour des raisons pratiques par le Highway 40. Nous faisons une halte à Hackberry. Le relais a été conservé tel qu'il était aux plus belles heures de sa gloire. Des antiques pompes à essence au garage dans lequel fini de rouiller un vieux break, rien n'a bougé. A l'intérieur, les années soixante nous sautent à la figure. Le vieux poêle, le zinc et les murs couverts des photos et des articles de presse de l'époque. James Dean y côtoie Marylin, les beatles, les rolling stones, Janis joplin et bien d'autres. Une musique country en sourdine complète la magie du moment. Plus loin, nous croisons quelques nostalgiques, la soixantaine bien frappée, chevauchant cheveux au vent leurs vrombissantes Harley Davidson.
Flagstaff, nous disons au revoir au passé et prenons la direction du Grand Canyon au nord. Nous roulons maintenant dans les hautes plaines de l'Arizona et les grandes forêts de résineux. Le sommet des monts sont encore blancs de la dernière neige. Il est tard lorsque nous prenons notre place dans le parc. Le camping sauvage est ici aussi interdit. Une pluie violente mêlée de neige fait son apparition et la température chute. Le vent violent agite dangereusement les arbres qui nous entourent. Nous nous réveillons au petit matin sous un joli soleil printanier. L'air vif et frais nous fouette le visage. Il est temps d'entreprendre la visite. Un impeccable service de navettes compris dans le billet d'entrée, quadrille le parc et vous conduit d'un point d'observation à l'autre. Il n'est nullement besoin de prendre son véhicule. Une bonne matinée suffit à couvrir la dizaine de points. Bien sur nous pouvons descendre jusqu'au fleuve qu'on ne voit malheureusement pas du haut si ce n'est que parcimonieusement. Il faut compter deux jours pour faire le pénible aller et retour d'une vingtaine de kilomètres avec un dénivelé de plus de quinze cents mètres. Mon pied ne le supporterait pas. On peut également y aller à dos de mules dans la journée.
Nous y reviendrons avec Kachiri et pourquoi ne pas envisager une descente en rafting. Nous longeons ensuite le Canyon vers la réserve indienne Navajo. Curieusement c'est d'ici, loin du monde que nous avons les meilleures vues du Canyon et du fleuve qui maintenant est bien visible. Nous contemplons ses eaux couleur de jade tantôt paisibles, tantôt rapides. Nous gravissons les marches de la première tour d'observation du grand Canyon, bâtie il y a une centaine d'années et décorée de peintures indiennes.
La vue est extraordinaire. Cinq à six millions d'années ont été nécessaires pour que le fleuve et ses affluents creusent leurs profonds canyons dans cette roche tendre. Les nuances de couleur des différentes couches constituées au fil du temps des dépôts d'alluvion, des irruptions volcaniques se mélangent avec harmonie.
Outre la baisse des eaux du fleuve, le niveau des plateaux du Colorado s'est élevé, accentuant ainsi l'action du fleuve. Si le canyon lui-même est d'origine récente, les roches formant ses parois sont bien plus anciennes. La plupart des strates furent déposées sous la forme de sédiments marins, ce qui laisse supposer que, pendant de longues périodes, une mer peu profonde occupait ce qui est aujourd'hui la région du canyon. Dans l'une des parties typiques du canyon, située près de son extrémité orientale, on peut remarquer neuf couches rocheuses, superposées les unes sur les autres : calcaires, grès, schistes et argiles de différentes natures.
Les premiers européens à découvrir le canyon faisaient partie d'un groupe mené par l'explorateur espagnol Francisco Vásquez de Coronado, parti de la Nouvelle-Espagne (aujourd'hui le Mexique) en février 1540. Du fait de son inaccessibilité, le canyon ne fut exploré que trois siècles plus tard. À partir de 1850, plusieurs expéditions menées par des officiers de l'armée américaine arpentèrent les gorges et leurs environs. Le géologue américain John Wesley Powell et dix compagnons furent les premiers, en 1869, à mener à bien la périlleuse descente des gorges sur quatre embarcations.
Plus à l'Est, nous traversons les terres Navajo et Hopi. La visite d'un petit musée au bord de la route suffit à nous renseigner sur leur grand savoir faire en matière de poteries et vanneries. Les teintes naturelles extraites des matériaux et végétaux environnants confèrent à leurs œuvres une douceur et une beauté exceptionnelles. A l'inverse des tribus indiennes jusqu'alors traversées qui installent leurs villages généralement à l'amorce des collines, les indiens Hopi préfèrent la hauteur des crêtes et leurs maisons de pierre parallélépipédiques crépies de boue pour les isoler de la chaleur surplombent généralement le vide.
Très conservateurs, les indiens ne se séparent jamais de ce qu'il leur a appartenu. C'est ainsi que chaque maison est généralement entourée des ferrailles de leurs vieilles voitures, du vieux frigo du vieux trampoline etc... Ce qui donne aux villages des allures de casses automobiles.
Nous retrouvons pour un court moment le highway 40 et ses files ininterrompues de camions qui nous doublent dans un bruit d'enfer avant de pénétrer dans la forêt pétrifiée. Ici, il y a deux cent vingt millions d'années, à l'ère triasique, ce haut plateau était une plaine sillonnée de cours d'eau. Plus au sud, des crues gigantesques déracinèrent des arbres par milliers et les entrainèrent dans la plaine qui devint rapidement une mer peu profonde. Les sédiments, les boues argileuses et les retombées volcaniques les enfouirent dans une cangue minérale. Privé d'oxygène le bois ne pourrit pas et peu à peu la silice remplaça la cellulose et les tissus du bois transformant ces géants en statue de pierre. Depuis longtemps le désert a remplacer l'eau et l'érosion révèle aujourd'hui ces géants pour notre grand plaisir. Un commerce s'est greffé dessus et il est possible d'acheter, cher, des morceaux de ce passé lointain sous la forme de tables, de plateaux ou de statues. Pendant très longtemps pillé, il a fallu attendre la présidence de Théodore Roosevelt pour qu'en 1906, le site soit classé parc national et protégé. Toute cette sécurité, n'empêche pas qu'une tonne de bois soit dérobée chaque mois par des visiteurs indélicats.
Le nouveau Mexique fait son apparition en même temps que les premiers cactus et il faut attendre le début des terres Apaches et les monts Mogollon pour retrouver la végétation et les forêts profondes. Ici aussi la verdure ne fait pas illusion longtemps et très vite nous roulons à nouveau dans le désert. Sylver city, Bayard : c'est ici que Géronimo et Victorio, deux grands chefs Apaches donnèrent du fil à retordre à la jeune armée américaine.
A Las Cruces, nous franchissons le rio Grande, bien connu des amateurs de westerns et remontons vers le nord à travers les monts San Andres, zone militaire férocement gardée où son réalisés des tirs de missiles et autres expériences par l'armée américaine. Nous ne nous attardons que le temps de faire un tour dans les dunes de sable blancs après avoir obtenu le sésame de l'armée contre trois dollars qui donne accès à ce mini mais combien joli petit parc national. Ici, les cours d'eau en provenance des montagnes environnantes transforment la plaine en un lac peu profond que les premiers rayons de soleil assèchent rapidement. La silice ainsi déposée est balayée par les vents violents et s'amoncelle en dunes d'une blancheur extraordinaire sur lesquelles c'est établie une petite vie animale et végétale.
Plus au nord nous traversons les terres des apaches chiricahuas et mescalero en direction de Roswell. Passé la ville de Mecalero, nous croisons en pleine campagne un casino genre Las Vegas. Le parking plein à craquer montre que le jeu fait recette. Un peu plus loin dans la vallée un hippodrome. Toutes les fermes environnantes élèvent de magnifiques chevaux. On vient de loin pour jouer et parier dans cet endroit isolé. Les campings et les nombreux hôtels sont pleins. St Patricio, petit village dans la vallée à vu naitre William Bonney dit Billy le kid. Les terres Comanches défilent maintenant et le Texas est proche.
Le Texas est l'état le moins intéressant que nous traversons. Les texans, tels les Shadocks pompent à tout va dans la nappe phréatique pour arracher au désert les milliers de kilomètres carrés de l'Est pour y cultiver coton et tournesols et dans la nappe pétrolifère. Des milliers de pompes actionnées par l'électricité en provenance d'immenses champs d'éoliennes puisent sans relâche l'or noir qui est traité dans des immenses raffineries. L'air chargé des effluves du pétrole et rendu rouge par la poussière des champs fraichement labourés levée par le vent violent est irrespirable et irrite rapidement nos yeux et notre gorge. Des trains de plusieurs kilomètres viennent ravitailler dans les raffineries. Si le spectacle n'est pas beau, il n'en est pas moins impressionnant. Il faut attendre de dépasser largement Abilene pour retrouver une verdure naturelle avec l'apparition des premiers troupeaux et des cowboys chaussés de bottes à éperons. Nous nous attendions à quelque chose de plus grand. Nous sommes loin des gigantesques troupeaux australiens. Cela ressemble plus à ce qui se fait chez nous sur des surfaces toutefois plus grandes. Il ne faut pas oublier que le seul état du Texas, le deuxième du pays après l'Alaska est plus grand que la France.
Nous traversons le centre de Dallas qui ressemble à un gros bourg de campagne avec ses avenues larges et perpendiculaires peu chargées, bordées de hauts immeubles. Formant avec Fort Worth une communauté de plus de trois millions d'habitants, c'est un espace industriel important où le tourisme n'a que peu de place. Nous ne faisons que passer.
La Louisiane est proche et il nous tarde de voir ce bout de terre autrefois française.
Dernière mise à jour ( Sunday, 22 June 2008 )
De Los angeles à Las vegas
Ecrit par FADM
Saturday, 07 June 2008
Etats-Unis : De los Angeles à Las Vegas : du 24 mai au 02 juin 2008, 1500 km
Il est onze heures du matin lorsque nous posons le pied sur le sol américain. Nous traversons rapidement l'aérogare vétuste dans l'odeur des poussières des travaux de restauration. Nous avions lu dans des forums qu'il était quelquefois difficile d'entrer aux usa depuis les attentats de septembre 2000 et nous nous attendions à subir un questionnaire serré. En guise de questionnaire nous avons le sourire d'un policier américain qui, dès qu'il apprend que nous sommes français nous informe dans un bon français que le Barça a perdu contre Madrid et que Henry a été particulièrement mauvais. Passage rapide à la douane qui se contente de nous demander si nous transportons des végétaux et nous sommes dans la rue.
Nous voilà fonçant à plus de cent vingt kilomètres par heure dans le taxi qui nous conduit à l'hôtel que j'ai réservé à Long Beach depuis la Thaïlande. Formalité rapides et nous nous effondrons dans les lits, terrassés par les dix sept heures de vol et les neuf heures de décalage.
Le lendemain nous empruntons les bus locaux pour nous rendre au bureau d'Agility. C'est la compagnie qui s'est chargée de l'acheminement du camping car. Annie Williams nous remet les documents et nous informe que les formalités douanières sont très simples et que nous pouvons nous débrouiller seuls. Direction Long Beach Océan boulevard. Un ascenseur nous monte au dixième étage d'une tour où se trouve la douane. Nous remplissons quelques documents, deux tampons et le douanier nous dit que nous pouvons récupérer le véhicule. Taxi direction le quai F du plus grand port des usa. Contrôle de sécurité et nous arrivons au bureau concerné. Pas de chance les douaniers n'ont pas encore inspecté le camping car, nous devons revenir le lendemain.
Lendemain, après un coup de téléphone, nous apprenons que le contrôle a eu lieu, nous pouvons venir récupérer notre maison à roulettes. Re taxi et nous voilà de nouveau au port. Nous devons attendre le sésame qui doit tomber d'un instant à l'autre sur l'ordinateur de l'agent chargé de la remise. Trois heures plus tard il nous dit que quelque chose cloche. On s'en serait douté. Il nous conduit dans son véhicule personnel au bureau de la douane où nous apprenons que le véhicule ne peut pas être dédouané par nous même. Nous devons passer par une entreprise spécialisée. Contact avec Annie qui nous donne une adresse juste en face de la douane. Nous y rencontrons Bill. Il nous explique que ce ne va pas être simple, nous parle de courrier d'homologation du véhicule à réclamer à Ford France de caution ... Enfin tout un tissu de conneries. Les textes d'importation sont clairs. Toute personne non américaine peut importer un véhicule immatriculé à l'étranger pour une période de dépassant pas un an à partir du moment qu'elle n'a pas l'intention de le vendre sur place. Je lui montre le règlement en question. Il va voir.
Le lendemain nous le rappelons. Le camping car est dédouané. Retour au port. Chuck, que j'ai tenu au courant de l'affaire et qui doit nous remettre le véhicule est dépité par le manque de connaissance de l'agent des douanes et du transitaire. Il nous conduit au véhicule. Tout à l'air normal. J'ouvre la porte arrière. Misère noire ! L'intérieur à été vandalisé : la fenêtre de toit est cassée et le store déchiré. Les voleurs sont passés par là comme en témoigne les traces de chaussures graisseuses sur le lit de la capucine et la table qui n'a pas résisté. Elle est renversée, son pied arraché. Nous constatons rapidement avec Mathieu qui m'a accompagné, que presque tout à disparu : Téléviseur, convertisseur électrique, le Nikon 501 avec les objectifs que je n'avais pas pris pour ne pas nous alourdir, les talkies walkies, les placards sont vidés de leurs vêtements, les cannes à pêches ont disparu avec les moulinets, toute la vaisselle, notre collection d'euros, les pièces souvenirs des pays traversés, même les petits drapeaux que je colle sur notre itinéraire. La totale.
Chuck est éploré, peut être plus que nous même. Il fait des photos du massacre nous fait un premier rapport, appelle le siège de la compagnie Wilhelmsen qui a effectué le transport.
Nous prenons la direction de l'hôtel et informons Masya qui nous attend. Elle pleure en découvrant l'étendue des dégâts. Toute la soie qui nous avait été offerte par sa famille et les amis a disparu, les savates décorées avec beaucoup de talent par Kaï, notre neveu. Il ne reste plus rien.
Nous passons une grande partie du lendemain à la laverie pour effacer les traces du pillage sur les draps, couvertures et coussins. Tout le linge restant doit être lavé car il a été jeté au sol pour être trié par le voleur. Le soir, épuisés, nous nous stationnons sur un immense parking en bord de mer. Trois grandes limousines arrivent et se garent à côté. Je prends le petit appareil photo et m'approche : « puis-je faire une photo ? ». Pas de problème me dit Ramon. C'est un Hondurien qui conduit le week-end. C'est son deuxième ou troisième boulot. Nous sympathisons, Il m'ouvre les portes pour me faire visiter, me prend en photo devant la luxueuse limousine et nous invite immédiatement à un barbecue le lendemain midi. Mathieu n'en revient pas. Quelle gentillesse et quelle spontanéité.
Neuf heures le lendemain, nous prenons la direction de Sunset boulevard et Hollywood que nous voulons voir avant de nous rendre chez Ramon qui habite un peu plus au nord. C'est sans compter sur l'immensité de Los Angeles. Nous nous perdons et arrivons à Compton, le quartier le plus mal famé de Los Angeles. Les taxis n'y vont pas de peur de se faire agresser. Demi-tour rapide et nous retrouvons la bonne direction. Il est treize heures trente lorsque nous arrivons chez Ramon qui habite un quartier résidentiel paisible aux belles maisons basses. Il est dehors et nous attend. Nous faisons la connaissance de son épouse Daisy et de leur amie. Nos échangeons sur nos pays autour d'une table généreuse. Il est du Honduras et elle du Salvador et sont en Californie depuis une trentaine d'année. Ils bossent dur pour avoir une bonne vie. Ramon exerce jusqu'à trois métiers dans la semaine.
A dix sept heures, il s'excuse et doit partir conduire la limousine. Ce sont en fait des lycéens qu'il transporte. C'est une récompense de leurs écoles pour avoir réussi leurs études secondaires. Il les conduit au lieu où leur seront remis leurs diplômes.
Daisy nous amène dans sa voiture à une quinzaine de kilomètres, nous voulons acheter un GPS et une carte téléphonique et elle s'est proposée spontanément. Quelle gentillesse !
Nous lui disons au revoir en fin de journée. Il est temps de reprendre la route.
Cap au nord sur le highway n° 5 en direction du séquoia Park national. Le revêtement est de mauvaise qualité et le camping car saute en permanence. Nous longeons d'immenses plantations d'arbres fruitiers, principalement des orangers et des vignes, croisons quelquefois de très grands troupeaux de vaches. La route commence à s'élever. Le parc approche.
Le parc national du séquoia englobe le Kings canyon et s'étend sur plusieurs milliers de kilomètres carrés. C'est pour nous l'occasion d'admirer les trois plus gros arbres de notre planète. Le général Sherman avec ses deux mille deux cents ans est le doyen avec une centaine de mètres de hauteur, plus de douze mètres de diamètre à la base pour un poids estimé de mille deux cents tonnes. Suivent le général Grant et le Boole tree. Les gigantesques eucalyptus australiens feraient presque figure de bonsaï en comparaison. Après une descente vertigineuse, nous logeons une rivière aux eaux de jade. Le spectacle de ces vallées creusées il y a plusieurs millénaires par les glaciers est fabuleux. Le parc de Yosémite un peu plus au nord est incontestablement le clou du spectacle : L'étoile à la pointe du sapin.
Nous roulons sur la route du glacier pendant une trentaine de kilomètres jusqu'à son terminus. La vue qui nous y attend est époustouflante et dérangeante à a fois car on ne peut s'empêcher de penser : me sera-t-il donné l'occasion de voir un paysage plus beau ? N'a-t-on pas atteint le summum ? La nature a mis quinze millions d'années pour façonner cette merveille. Les glaciers ont creusés plusieurs vallées profondes qui se rejoignent au fond d'une cuvette que nous surplombons d'un à-pic de plus de 1000 mètres. La cascade Yosémite, la quatrième plus haute cascade au monde chute en deux paliers de plus de sept cents mètres au fond de la vallée. Les brouillards qui commencent à tomber en cette fin de journée et voilent les pics les plus hauts ajoutent une dimension mystérieuse. Sous nos pieds, les maisons de yosemite village ne sont que des petits points et les voitures de minuscules fourmis.
Il est temps de chercher un bivouac pour la nuit. Dans les parcs les stationnements « sauvages » sont interdits et nous devons trouver un camp. La saison des parcs débute à peine avec la fonte des neiges et tous les emplacements sont réservés. Nous nous arrêtons à plusieurs reprises pour immortaliser quelques paysages et il fait nuit lorsque après avoir contourné la montagne nous arrivons à Yosemite village. La chance est avec nous. A l'entrée d'un camp nous croisons un camping car qui part et s'arrête à notre hauteur : « Vous cherchez une place ? Nous partons et il nous reste une nuit » Nous remercions et prenons la place encore chaude. Les nuits sont fraiches et les couvertures ne sont pas de trop. J'ai supprimé la sécurité qui vidange les réservoirs d'eau en dessous de trois degrés pour les protéger du gel et nous croisons les doigts.
Nous quittons le parc de Yosemite en direction de la vallée de la mort par la route qui mène à la passe de Tioga et qui longe les plus hauts sommets de la sierra Nevada. Que de paysages, que de spectacle. La neige est tombée abondamment et tout est blanc. Nous admirons le ballet des truites arc en ciel dans un petit cours d'eau, photographions quelques jeunes cervidés que rien ne semble déranger. Ils ont compris depuis belle lurette qu'ils ne risquaient rien sur ce territoire patrouillé sans cesse par les rangers.
Arrivés sur le highway 395, nous mettons cap au sud direction la vallée de la mort avec en point de mire Las Vegas. Nous roulons sur une belle route, hormis la route 5 au nord de los Angeles, les routes américaines sont généralement très bonnes, entre deux chaines montagneuses, la sierra Nevada océan de verdure couvert de neige à droite et les monts Inyo arides et brulés par le soleil à gauche. Nous traversons de jolis villages d'indiens shoshones avant de tourner plein Est et de pénétrer dans la terrible vallée de la mort. Nous bivouaquons en pleine montagne en compagnie de quelques promeneurs. C'est pour nous l'occasion d'admirer un superbe serpent à sonnettes qui semble apprécier l'ombre du camping car...
La vallée de la mort est l'endroit le plus inhospitalier des états unis. Protégée par la haute sierra Nevada qui stoppe les nuages et précipitations venus du pacifique, elle ne reçoit que les miettes et la pluviométrie y est quasi nulle. Canyons étroits, plaines de sel et dunes de sable, végétation rabougrie n'hébergent qu'une faible population d'oiseaux. Seuls les reptiles semblent adaptés à ce climat extrême. Le vent chaud nous sèche la bouche et nous pique les yeux. Il faut boire en permanence pour éviter la déshydratation.
Furnace creek est un des rares lieux habités. Nous y faisons une étape en compagnie d'autres voyageurs. Ici aussi, nous ne pouvons pas stopper où nous voulons. Les parcs sont contrôlés par les rangers et rien ne leur échappe. Un seul point d'eau vers le sud de la vallée : Bad water ! C'est le nom qui lui a été donné par le pionnier qui le premier le découvrit et voulut y faire boire sa mule. Alimentée toute l'année, la flaque salée abrite cependant une petite faune faite d'araignées et d'escargots. Nous sommes à une centaine de mètres sous le niveau de la mer.
La route s'élève maintenant nous sortons progressivement de la vallée de la mort mais le désert continue à mesure que nous nous approchons de Las Vegas. Une dernière étape à Parumph, le seul conté des états unis ou vous pouvez acheter légalement une arme sur présentation d'une pièce d'identité. Le rayon du super marché Wal-mart où nous nous trouvons en regorge. Le vendeur, un brave homme âgé comme s'est souvent le cas aux usa où l'on travaille jusqu'à un âge avancé me l'explique.
Las Vegas se profile à l'horizon. Les maisons sans goût, alignées comme rangs d'oignons bordent le highway. Le GPS nous conduit sur le parking du casino Louxor où nous pouvons séjourner aussi longtemps que nous voulons : Bienvenus aux joueurs !
Pour le plaisir et marquer le coup, nous avons décidé de dépenser quelques dollars. Contre notre gré, la loi américaine nous fera faire des économies. Curieux américains qui autorisent la conduite automobile à partir de seize ans, l'achat d'armes à dix huit ans, qui autorisent les jeunes de moins de vingt et un ans...à pénétrer dans un casino mais qui ne les autorisent pas à s'assoir sur une chaise devant une machine à sou, ne serait-ce que pour se reposer et qui n'autorise pas non plus les parents qui accompagnent ce jeune à jouer, ni même à s'arrêter devant une table pour regarder le jeu. Nous visitons l'immense Louxor copie d'une des pyramides de ghyzée et le Mandalay attenant. Les rez-de-chaussée abritent machines à sous et tables de jeux. Les étages, boutiques chics, cafés et restaurants. Le soir nous remontons Las Vegas boulevard. Les trottoirs débordent d'une foule dense venue admirer les néons et le jeu d'eaux du Belagio. Trois millions de personnes visitent chaque année Las Vegas et les vols affichent un rythme effréné. Pas moins de trois aéroports pour une ville de seulement cinq cents mille habitants. Comment font-ils pour attirer tant de monde ? La recette est simple : des chambres à moins de quarante euros dans des hôtels casinos de luxe et des repas aux alentours de quinze euros. Les tables de jeux et machines à sous se chargent du reste.
Pour nous il est temps de poursuivre notre route. A nous le Grand Canyon.
Dernière mise à jour ( Saturday, 07 June 2008 )
le riz
Ecrit par FADM
Tuesday, 13 May 2008
Le riz
J'avais failli en parler pendant notre dernier séjour en Thaïlande et l'occasion m'en est donnée maintenant, en attendant que notre camping-car arrive à Long Beach, Californie.
Cette céréale qui a longtemps était boudée chez nous et que l'on retrouvait principalement le vendredi dans les cantines en accompagnement du traditionnel poisson, retrouve une place honorable dans le panier de la ménagère suite à l'apparition sur les rayons des magasins de nouvelles variétés au goût plus agréable provenant d'inde de Thaïlande et d'ailleurs. Qui ne connait pas aujourd'hui les fameux riz au jasmin Thaï ou basmatis indiens ?
Cette graminée proche dans l'apparence de l'avoine, compte une vingtaine d'espèces et se décline sous plusieurs couleurs. Les premières traces de cette culture remontent pour les plus anciennes entre cinq et sept mille ans avant Jésus Christ et ont été découvertes dans l'Est de la chine et dans une caverne du Nord de la Thaïlande.
Aliment de base de près d'un habitant sur deux sur la planète, il sert également à la confection de nombreux produits tels que les pâtes alimentaires, l'alcool, l'huile, l'amidon et est utilisé pour l'alimentation animale. Généralement consommé blanc, c'est-à-dire débarrassé de son enveloppe de son, Il peut s'avérer dangereux pour la santé s'il constitue l'unique aliment car il est dépourvu sous cette forme de vitamines B et E et K contenues dans le son et peut entrainer des carences ou maladies graves comme le Béribéri. De plus en plus souvent, il est consommé sous forme de riz brun avec sa pellicule de son.
Les premières rizières sur notre parcours font leur apparition lorsque nous arrivons dans la vallée de l'Indus au Pakistan et nous ne les quitterons pratiquement plus tant que nous serons en Asie. Si chacun des pays traversés produit du riz, la qualité n'est pas toujours égale. Ainsi en Inde, gros producteur nous ne trouvons que difficilement l'excellent Basmatis généralement réservé à l'exportation. Les indiens se contentant souvent de riz de qualité moyenne à mauvaise nettement moins chères. Si autrefois le riz n'était récolté qu'une, voire exceptionnellement deux fois l'an, les choses ont bien changée. L'irrigation massive à partir de rivières et la mécanisation permettent souvent de réaliser trois récoltes comme nous le verrons au Vietnam particulièrement gâté par le réseau hydrographique en provenance de la chaine annamite. Cette surproduction à grands renforts de fertilisants sur des terres non renouvelées et épuisées a bien sur une conséquence directe : le riz n'est pas bon et il n'est pas rare de trouver sur les étagères des boutiques « chics » du riz Thaï Le Cambodge quant à lui revient doucement à une production de bon niveau après des années de misère que tout le monde connait. Le riz avance à mesure que reculent les mines.
La différence la plus notoire dans le sud est asiatique provient du Laos dont la géographie et le relief montagneux ne permet pas la culture de riz de plaine. Les laotiens cultivent une variété de riz qui ne nécessite que très peu d'eau : le riz gluant qu'ils consomment principalement avec les Thaïlandais du nord-est dans la région de l'Isan à forte connotation Laotienne. La Thaïlande dont je vais parler est l'un des plus gros producteurs de riz de notre planète et le premier exportateur mondial bien que son rendement à l'hectare soit nettement inférieur à ses concurrents. Il est cultivé intensivement dans la vallée de la Chao Prahia, de Bangkok aux montagnes du nord du pays ou traditionnellement dans l'Est du pays où nous nous trouvons, il est de notoriété publique qu'il s'agit d'un des meilleurs riz au monde par ses qualités gustatives.
Tout commence, tout du moins dans l'Est du pays qui ne fait qu'une récolte annuelle, au mois d'avril, lorsque les premiers nuages annonciateurs de la mousson moutonnent dans le ciel. Comme c'est souvent le cas en Thaïlande, tout débute par une fête. Les villages des cantons dans tout le pays s'affrontent lors de la fête des fusées qui va durer tout un mois et donne lieu à des festivités royales à Bangkok. Chaque village achète des fusées de plusieurs mètres le long bourrées de poudre et à tour de rôle, ils les installent sur une rampe de lancement et procèdent à leur mise à feu au milieu d'une foule compacte.
Véritables missiles, ces fusées partent dans un bruit de réacteur à plusieurs kilomètres de hauteur à une vitesse vertigineuse. Les infos nationales ont annoncé qu'un avion de la Thaï a failli être touché par une de ces fusées peu après son décollage de Ubon Ratchatani, non loin de chez nous dans la journée d'hier. Le vainqueur est celui dont le corps de fusée vide met le plus de temps à regagner le sol. C'est également le signe que la récolte à venir sera bonne. Malheur à celui dont la fusée explose comme ce fut le cas pour celle du village où nous nous trouvons. C'est un très mauvais signe.
Passées ces festivités, il est temps de se mettre à l'ouvrage. Deux techniques s'opposent : la première consiste à un semi en pleine terre préalablement labourée et détrempée par les abondantes pluies de mousson. La seconde plus pénible et qui demande une main d'œuvre importante est le repiquage. C'est celle qui est généralement appliquée dans le canton où nous nous trouvons. Après avoir fait venir le riz en pépinières, ils l'arrachent, le mettent en bottes et chacun part dans la rizière, de l'eau jusqu'au dessus de la cheville et pendant toute la journée, le dos plié ils plantent ces milliers de pieds de riz. C'est également et de loin la solution qui donne les meilleurs résultats. Le riz ainsi espacé donne de superbes plants de plus d'un mètre de hauteur chargés de gros et longs grains.
Contrairement à ce que nous pourrions penser, le riz demande une grande attention pendant toute sa croissance. Il a besoin d'eau constamment mais pas trop non plus car il pourrait pourrir et de soleil.
Pour gérer cette eau, le riz est généralement planté sur de petites superficies entourées par des talus de terre dotés de vannes archaïques qui permettent de réguler l'eau. Lorsque qu'il a atteint presque sa maturité, le vent et l'orage sont redoutés car s'il est couché au sol, les grains mouillés pourrissent rapidement et bien souvent il faut moissonner avant l'heure pour tenter de sauver une partie de la récolte. Lorsque l'heure de la récolte arrive en octobre, les moissonneuses venues du centre du pays tournent à plein régime jours et nuits pendant plus d'un mois.
Les endroits les plus mouillés sont moissonnés à la main pour ne pas écraser la récolte.
Dans ces cas, il faudra le battre à la main.
Le riz est ensuite mis à sécher une journée complète en plein soleil. Tous les endroits plats du village sont réquisitionnés ainsi que les routes. Il faut faire vite avant qu'il ne moisisse. Pendant toute la journée, il sera retourné sans cesse à l'aide de grands râteaux.
C'est aussi le moment où passent dans les villages les grossistes qui l'achètent au plus bas à des paysans qui n'ont d'autres choix que d'en vendre une grande partie pour payer les moissonneuses et rembourser les prêts. La part pour la consommation annuelle et pour le prochain semi est stockée dans les petites cabanes attenantes aux maisons.Il ne sera blanchi qu'au fur à mesure des besoins pour lui conserver sa saveur. Les chaumes sont récupérés et mis en meules.
Ils serviront à alimenter le bétail pendant la prochaine saison. Pour l'instant c'est la fête. Après avoir passés prés de six mois à l'étable, les vaches et buffles retrouvent les rizières et se régalent des jeunes repousses. Les jeunes du village partent à la recherche des grillons qui constitueront des friandises de choix une fois grillés. Lorsque la saison est terminée, qu'elle est été bonne ou mauvaise, c'est l'heure de remercier les éléments, l'eau apportée par la mousson, le soleil pour avoir muri le riz, le vent et l'orage de ne pas l'avoir couché. C'est le moment du loï ka tom. C'est aussi le moment de faire un vœu lors de la mise à l'eau de la petite embarcation. Pourquoi pas pour une future bonne récolte.
Nous consommons le riz généralement en accompagnement de plats salés, mais il faut savoir que le riz en Asie se consomme également en une infinie variété de desserts et confiseries souvent délicieux. Je vous en épargnerai la liste comme le fit si bien avec la crevette Buba dans l'excellent Forest Gump.
Il faut savoir aussi que le riz asiatique ne convient pas à la confection des paellas auxquelles il faut préférer un riz de Camargue ou espagnol.
Une fois n'est pas coutume, je vais finir par une recette de cuisine, le fameux Khao Pad ou riz cantonnais ou tout simplement le riz frit.
Pour 4 personnes : Ingrédients : environ 100 g de riz Thaï (selon l'appétit), quatre gousses d'ail, 400 g au choix de porc, poulet, calamars émincés, crevettes décortiquées, 3 œufs, un bouquet de coriandre fraiche, cinq ou six jeunes oignons verts en tige, un citron vert de préférence, un concombre, deux tomates, poivre, nioc man, quelques piments oiseaux ou Espelette moins forts
Cuire au préalable dans un autocuiseur le riz Thaï sans le saler et réserver. Une casserole fera l'affaire. Pour info les asiatiques ne salent pas le riz à la cuisson. Sur feu vif, dans un wok ou une poêle creuse faire dorer l'ail ciselé dans un peu d'huile, ajouter la viande émincée ou crustacés jusqu'à cuisson (dans le cas de crevettes vous pouvez en réserver quelques-unes entières pour décorer le plat), casser les œufs et les incorporés. Remuer jusqu'à ce que les œufs cuisent et se défassent (genre œufs brouillés), ajouter le riz et mélanger sans arrêt, jusqu'à ce que le riz ne colle plus, arroser de nioc man à convenance et poivrer, ajouter la coriandre, les oignons ciselés et les tomates coupées en quartier, mélanger une ou deux fois. Le plat est terminé. Si vous aimez les plats relevés, ajouter lors de la cuisson de la viande quelques piments.
Pour relever le plat : le traditionnel Prick nam pla. : Dans une coupelle, placer deux gousses d'ail écrasées et grossièrement hachées, deux ou trois piments finement ciselés, arroser généreusement de nioc man, ajouter deux ou trois brins de coriandre fraiche et d'oignons verts en tige ciselés, arroser du jus d'un citron vert.
Il ne vous reste plus qu'à servir dans des assiettes décorées de rondelles de concombre qui servent en autre à calmer le feu du piment et à relever avec le prick nam pla.
Dernière mise à jour ( Wednesday, 14 May 2008 )
Australie : Nos impressions
Ecrit par FADM
Friday, 25 April 2008
Australie dernière : Nos impressions après avoir passé trois mois dans le pays et parcouru près de 12000 kilomètres.
Carte touristique de l'australie avec les points d'intéret et une couleur différente pour chacun de nos trois carnets
Je vous l'avais annoncé, c'est depuis le village en Thaïlande où nous nous trouvons pendant que le camping car s'offre un dernier tour du pays par mer avant de prendre la direction de Los Angeles que je vais clore le chapitre Australie. Je vous rassure ce ne sera pas une synthèse de ce que j'ai déjà dit, ce qui ne servirait pas à grand-chose, mais plutôt nos impressions et quelques conseils sur ce gigantesque pays et ses habitants, le sixième de notre planète après la Russie, le Canada, les Etats-Unis d'Amérique, je vous laisse chercher les deux autres
Si vous appartenez à la catégorie des personnes qui aiment exclusivement découvrir un pays à travers son histoire, la visite de ses monuments, de ses églises et de ses cathédrales, de ses châteaux ou de ses musées, autant le dire tout de suite, ce pays n'est pas pour vous. L'histoire ancienne commence avec le peuple aborigène il y a quarante mille ans environ. Vivants en tribus de la cueillette et de la chasse et en perpétuel mouvement, ils n'ont laissé que peu de traces de leur passé. Quelques inscriptions sur des roches leur servant d'abri comme au mont Uluru, quelques peintures et danses basées sur l'observation de la nature et de la faune environnante particulièrement bien imitée. Le plus significatif réside dans le boomerang que tout le monde connait et le didgeridoo, instrument de musique fabriqué à partir d'une branche d'eucalyptus creusée naturellement par des termites, l'embouchure de l'instrument est formée par de la cire d'abeille modelée pour obtenir une bonne étanchéité et une protection pour les lèvres. La technique pour jouer au didgeridoo consiste à émettre dans la colonne d'air, une vibration en soufflant tout en faisant vibrer les lèvres. Le joueur provoque un bourdon appelé la note fondamentale, la langue est utilisée pour apporter des harmoniques au bourdon de base. Il peut aussi pousser des cris imitant différents animaux. Le mot didgeridoo ne vient pas des Aborigènes, mais des premiers colons qui dirent en entendant le didgeridoo : «Quels sons étranges ! On dirait qu'ils disent di- ge- ri- doo».
Tout d'abord découverte par les hollandais, espagnols et portugais qui ne s'y intéressèrent guère, puis par l'anglais James Cook qui en prit possession pour la couronne britannique (pas folle la guèpe), l'histoire récente de l'Australie remonte à peine à cent cinquante ans, lorsque le roi anglais Georges III décida d'y envoyer quelques-unes de ses fortes têtes, tout comme nous le fîmes à Cayenne. Les premiers pionniers suivirent venant d'Europe et d'Asie. Le peuplement avait commencé...
De cette première implantation, il ne reste rien ou presque. L'Australien ne s'encombrant pas, nous l'avons déjà vu, tous les vieux bâtiments ou presque ont été rasés pour permettre la création de villes nouvelles et fonctionnelles. Il reste cependant quelques traces de ce passé, mentionnées à grand renfort de panneaux qui vous renvoient vers une gare désaffectée, une vieille école, une "ancienne" station télégraphique ou un cimetière de pionniers. L'essentiel de ce passé se trouve résumé dans des plaques de bronze incrustées dans les trottoirs des villes portant l'inscription « ici se trouvait... ». Tout cela ne justifiant pas à lui seul un aussi long voyage, vous en conviendrez.
Non, l'Australie est à réserver avant tout aux amoureux de nature et des très grands espaces vierges plutôt que de paysages. Attention je ne dis pas qu'il n'y a pas de jolis paysages en Australie car ils sont légion, mais les distances les séparant sont tout simplement phénoménales. Imaginez un peu, notre trajet ramené à des valeurs plus de chez nous consisterait en partant de Paris à une boucle autour de la mer méditerranée passant par le nord de l'Italie et de la Grèce, Istanbul, le Caire, Tripoli, Alger, Casablanca et retour en remontant toute l'Espagne le tout en roulant souvent pendant des heures, voire des jours dans le même paysage. Pourquoi cela : la raison en est simple et double : La première, le pays est grand. La seconde, comme le pays est peu peuplé surtout dans l'ouest, le centre et le nord souvent inhospitaliers, il n'y a que peu de routes et en conséquence nous sommes obligés à de très longs détours pour aller d'un point à l'autre. Par exemple, Kalgoorlie, la ville aurifère de l'ouest au Mont Uluru à vol d'oiseau : 1200 kilomètres, par la route, l'unique possibilité à moins de partir à dos de chameau : 3500 kilomètres. Le Uluru, Cairns, 1000 kilomètres de différence etc...
Tout cela pour vous dire que si vous partez un mois en Australie et que vous comptez louer un camping car pour traverser le pays, ce sera le plus mauvais plan que vous n'aurez jamais réalisé à moins d'aimer conduire huit heures par jour. Non, pour de courtes périodes de vacances les liaisons en avion s'imposent d'ailleurs peu chères et nombreuses. Toutes "les villes" à partir de deux mille habitants et moins sont pourvues d'aérodromes et bien desservies. N'oublions pas que Kalgoorlie avec ses trente mille habitants est la plus grande ville intérieure du pays, que les médecins font une partie de leurs visites en avion, que les agriculteurs survolent leurs troupeaux en hélicoptère. L'Australie est le pays des déplacements aériens.
Si je peux me permettre un conseil, je dirais que pour une semaine de vacances il vaut mieux s'orienter vers des destinations moins lointaines et que pour une quinzaine de jours dans le pays il est préférable de se contenter d'un spot. A partir d'un mois de multiples possibilités s'offrent à vous, à condition d'effectuer des liaisons aériennes.
Autre point important à savoir quand il s'agit de vacances, même si je n'aime pas parler argent, l'Australie est un pays cher. Hormis les produits pétroliers et la viande d'excellente qualité nettement moins couteux que chez nous, tout est cher, spécialement tout ce qui touche au tourisme : hôtellerie, restaurants, visites, entrées de parcs. N'espérez pas trouver d'hôtels même les back-packers (routards) à moins de 40 euros la chambre, de repas complet en dessous d'une vingtaine d'euros. En ce qui concerne les visites, heureusement peu nombreuses, on frise le ridicule : 30 euros pour un zoo, 50 euros pour une balade sur la barrière de corail, la palme pour une balade au sommet du pont qui enjambe la baie de Sydney : 120 euros en hors saison et 180 euros en haute saison. Vous le voyez nous sommes loin des 10 euros de la tour Eiffel pourtant plus haute, ou des 8 euros de nos grottes et châteaux. Les prix que j'annonce s'entendent bien sur par personne et si vous désirez passer la nuit dans un parc sans confort, il vous en coutera 5 euros pour le véhicule plus 6 euros par personne. Ce sont quand même des faits à prendre en considération dans le budget vacances. Concernant le dernier point, je vous rassure il existe partout dans le pays des aires de repos, gigantesques dans l'ouest, souvent équipées de barbecues et toilettes, complètement gratuites où vous aurez la même sensation que si vous vous trouviez dans un parc.
Maintenant quand est il des australiens. Généralement ce sont des gens chaleureux, disponibles et toujours prés à rendre service qui semblent n'accorder qu'une importance secondaire à leur habitation construite bien souvent de matériaux légers que l'on réserve aux habitations légères de loisirs : bois légers, pvc ou fibrociments et cela principalement à la campagne et dans les petites agglomérations, comme s'ils savaient en la construisant qu'elle ne durerait pas, qu'après eux, leurs enfants l'abandonneraient. Il faut dire qu'il faut avoir une certaine carrure pour supporter ces grandes solitudes. Les panneaux « A VENDRE » fleurissent les routes et les rues des petits villages. N'allez pas croire pour autant que le marché immobilier soit aisément abordable. Bien au contraire. La plus modique des constructions sur 1000 mètres de terrain se négocie aux alentours de 150 000 euros et pour une maison correcte comptez entre 250 et 300 000 euros, beaucoup plus dans les villégiatures côtières.
L'australien semble t'il, préfère investir dans sa voiture qu'il aime puissante, beaucoup de six et huit cylindres et qu'il améliore de chromes et plastiques, jantes et pneus surdimensionnés, moteurs sur gonflés. Il aime les démarrages rapides, les dérapages, drifts et drags enfin tout ce qui laisse de la gomme sur la route. Ce même australien si gentil dans la vie, placé derrière son volant change de personnalité et vous n'avez plus à attendre de gentillesse de sa part. Attention piéton si vous ne voulez pas finir comme une quille, sauf aux rares passages piétons qu'il respecte scrupuleusement.
Autre constante : L'australien sort rarement de son véhicule sans une cannette à la main, pas forcément de l'alcool, sans doute une habitude liée à un souci constant d'hydratation en raison des fortes chaleurs. Regrettable, cette même cannette sera abandonnée là même où la dernière goutte aura été consommée. Un asiatique ferait fortune dans la récupération !
L'australien aime manger et le fait à toute heure. C'est extraordinaire de passer devant un restaurant à dix heures et de le voir plein, tout comme il le sera à midi, à seize heures etc.. Les "restos" Mac do, les plus fréquentés du pays sont ouverts 24h/24h
Une autre caractéristique australienne : L'incitation à la délation. A l'entrée de chaque village des panneaux invitent la population à dénoncer à la police tout ce qu'elle juge bizarre : infraction, individu louche etc...
L'australien avant tout, garde dans ses gènes un goût développé pour le voyage et le déplacement. Rares sont les maisons où ne voyons pas dans la cour un camping car, un fourgon aménagé, une caravane prête à être attelée à la première occasion. Nous rencontrons beaucoup de couples qui ont tout vendu et qui vivent sur la route. Certains, les plus chanceux l'ont voulu et vivent dans des véhicules luxueux et immenses. D'autres le font, contraints et forcés. Nous croisons pas mal de solitaires, comme Andy, qui guette le chaland pour tuer le temps sur une aire de repos et nous explique qu'il n'a pas d'autres choix. Sa retraite de 600 euros mensuels ne lui permet plus d'occuper le logement qu'il louait. Il a rassemblé comme d'autres l'ont fait ses affaires les plus importantes à l'arrière de son pick-up, vendu le reste et pris la route. Il suit les saisons sur la côte Est et ne se plaint pas. Le soir ils s'installent sur leur chaise et écoutent jusqu'à tard dans la nuit la radio en fumant.
En conclusion je dirais que l'Australie est un pays facile à vivre, fait pour être découvert en camping car. D'innombrables aires de repos aménagées vous accueillent gratuitement et en toute sécurité un peu partout avec une petite restriction cependant tout au long de la barrière de corail où il est quelquefois moins facile de trouver que dans le reste du pays .
C'est également une destination que je recommanderai à tous ceux qui veulent améliorer leur anglais car il est facile d'obtenir des visas d'un an qui vous permettent de travailler. Nous rencontrons du reste pas mal de jeunes venus de diverses régions qui visitent le pays tout en suivant les récoltes qui n'ont pas lieu en même temps dans le pays en fonction des saisons.
Si c'était à refaire : sans hésiter.
Nos régions préférées : L'ouest et la région de Perth pour sa tranquillité, la beauté de sa côte, ses plages de rêve, ses grands forets et son désert (l'endroit idéal pour passer quinze jours). Attention cependant l'eau y est fraiche même en été ; le Nord et la région de Normanton pour sa faune et sa flore exceptionnelles surtout pendant la mousson.
Nous avons moins aimé : La région de la barrière de corail au sud de Cairns pour sa dangerosité (pieuvres, crocodiles), l'impossibilité de se baigner sept mois de l'année et la banalité de ses paysages ; les mouches.
Dernier conseil de taille celui-là, si vous souhaitez venir passer vos vacances en Australie et que vous comptez louer un camping car, choisissez d'arriver dans une région en basse saison : Perth à partir de mai, Darwin pendant la mousson (janvier à avril) etc... Vous ferez ainsi une économie de l'ordre de 40 % sur la location et bénéficierez d'un choix étendu.
Pour info : Location fourgon aménagé : environ 60 €/jour - Camping-car dans le genre du notre : 110€/jour
On se retrouve en Amérique du nord.
Au fait les deux pays restants, vous avez trouvé : Chine et Brésil.